Recherche

Une entreprise de dispositifs médicaux se réorganise intégralement pour accroître sa production mondiale

Forte d’une expérience de trois décennies en fabrication et en distribution de produits de contrôle des infections dans quelque 95 pays, l’entreprise montréalaise Medicom Inc. se dote d’une riche expérience en tant que fournisseur d’équipement de protection individuelle (EPI) sur le marché mondial.

Une installation de production de Medicom
Medicom a créé des nouvelles installations de production d’équipement de protection individuelle au Royaume‑Uni, à Singapour, en France, aux États‑Unis et au Canada.

Medicom a été fondée en 1988 par le président‑directeur général Ronald Reuben, qui en était alors à son dernier semestre de spécialisation en économie à l’Université McGill. Après avoir reçu un appel d’un ami qui travaillait comme médecin aux États‑Unis pour lui demander des vêtements de protection en vue d’affronter la pandémie de sida#8209;VIH, M. Reuben a décidé de quitter l’université et de devenir un grossiste en gants médicaux. Depuis, Medicom s’est lancée dans la vente de masques, de blouses, de pansements de stérilisation, de lingettes et de vaporisateurs désinfectants, de respirateurs, et plus encore.

Cependant, lorsque l’épidémie de COVID‑19 a été déclarée une pandémie au début mars, l’entreprise de dispositifs médicaux a accéléré le rythme de ses activités comme jamais auparavant.

Se réorganiser en temps de crise

« C’est toute notre entreprise qui se réorganise de fond en comble », déclare Gayle Padvaiskas, vice‑présidente du marketing de Medicom. Elle fait remarquer qu’alors que la demande explose, l’entreprise privée se tourne en un temps record vers « la fabrication locale pour les besoins locaux et s’assure d’avoir des ententes à long terme qui rentabilisent l’investissement en capital ».

Dans le passé, Medicom était surtout « à l’arrière‑plan », explique Mme Padvaiskas, offrant ses produits principalement par des canaux de distribution. Elle est maintenant de mieux en mieux connue grâce à la couverture médiatique de son expansion manufacturière colossale. Citons, par exemple, l’annonce récente d’un contrat au Royaume‑Uni pour la production nationale de 100 millions de masques respiratoires de qualité équivalente au N99 et de 500 millions de masques chirurgicaux.

« Nous protégeons les travailleurs de la santé de première ligne », affirme Mme Padvaiskas, ce qui suscite de la fierté et met l’accent sur les valeurs canadiennes de bienveillance et de protection des autres, qui trouvent un écho dans la façon dont Medicom fonctionne.

« Le drapeau canadien se trouve pratiquement sur tous les produits vendus où nous faisons des affaires », explique Shawn Fried, directeur du développement des affaires de Medicom. « Cet emblème a une connotation de qualité et de normes qui ne sont pas toujours présentes dans ce domaine. »

Gayle Padvaiskas
Gayle Padvaiskas, vice‑présidente du marketing de Medicom Inc.



Shawn Fried
Shawn Fried, directeur du développement des affaires de Medicom Inc.

La stratégie internationale de l’entreprise comprend l’établissement de relations à long terme « et le fait de s’attaquer davantage aux problèmes systémiques » qui ont provoqué la panique initiale relative aux EPI, dit‑il. « Il y aura toujours un besoin de capacité pour faire face aux épidémies et aux pandémies. »

Pleins feux sur le partenariat entre Medicom et le SDC

Le SDC a été « immensément utile sur de nombreux fronts », déclare M. Fried, ce qui a été une expérience révélatrice pour Medicom. « Le SDC a retroussé ses manches et nous a aidés grâce à son réseau présent dans le monde entier […] Nous avons grandement bénéficié des moyens supplémentaires qu’offre le SDC. »

Il s’agissait notamment de traiter les restrictions à l’exportation, d’aider l’entreprise à négocier les droits d’importation des EPI avec les gouvernements, de comprendre la logistique d’accès à sa chaîne d’approvisionnement mondiale et d’offrir une assistance pour faire venir au Canada le personnel essentiel afin d’accroître la production de son usine de fabrication de masques à Montréal.

« Nous apprenons de nouvelles choses sur le SDC dont nous ignorions l’existence auparavant », affirme M. Fried. « Je suis certain que nous allons mettre à profit et développer la relation entre notre entreprise et le SDC au fur et à mesure que nous prendrons de l’expansion à l’échelle internationale. »

Stéphanie Archambault, déléguée commerciale chargée des sciences de la vie au bureau régional du SDC du Québec et du Nunavut, affirme que Medicom est claire et concentrée sur sa stratégie de développement du marché, le type de clients qu’elle cible et son modèle d’affaires préféré.

« Avoir une stratégie de développement du commerce international bien définie, qui comprend une feuille de route des mesures à prendre et des étapes à franchir pour la mettre en œuvre, permet à l’entreprise de concentrer ses ressources de manière efficace », affirme‑t‑elle. « Le succès du projet de Medicom au Royaume‑Uni montre comment différentes administrations internationales peuvent bénéficier de ses capacités et de son expertise en matière d’EPI. »

Amir Golbang, un délégué commercial à Londres au Royaume‑Uni, chargé du secteur des sciences de la vie, explique que l’équipe du SDC sur place a activement promu les capacités et les forces du Canada dans la lutte contre la COVID‑19 auprès de l’industrie médicale et biotechnologique britannique, ainsi qu’auprès des responsables au gouvernement. Au fur et à mesure que les discussions entre Medicom et le gouvernement britannique avançaient, se rappelle‑t‑il, le SDC fournissait le nom de personnes‑ressources compétentes et une assistance pour la recherche et la détermination de partenaires potentiels au Royaume‑Uni.

« Medicom est une grande réussite canadienne », déclare M. Golbang. « L’entreprise dispose de capacités, de technologies, d’une chaîne d’approvisionnement ainsi que de processus réglementaires bien établis, ce qui la place dans une position unique pour fabriquer et fournir de l’EPI en grandes quantités à divers pays. »

Selon Mme Archambault, Medicom a surtout de bons arguments de vente qui « soulignent les avantages pour les acheteurs potentiels de ses produits et de ses services, tout en indiquant clairement le besoin auquel ils répondent ». Elle fait remarquer que le SDC fournit des renseignements sur la manière dont les marchés publics sont menés dans différentes administrations ainsi que des conseils sur la culture d’entreprise dans divers marchés, en plus d’aider à comprendre l’environnement réglementaire.

Medicom maintient son expansion

Grâce au soutien du réseau du SDC — actif dans le monde entier et au Canada —, Medicom a considérablement augmenté ses ventes de masques, de blouses et de gants, doublant sa capacité et créant de nouvelles installations de production au Royaume‑Uni, à Singapour, en France et aux États‑Unis, et même ici au Canada.

À présent, l’entreprise prévoit une nouvelle expansion internationale pour répondre à la crise de santé publique dans les mois et les années à venir.

L’empreinte mondiale de Medicom continue d’augmenter de manière exponentielle. Avant le début de la pandémie, elle était présente sur le terrain dans 9 pays d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie, et comptait sur un effectif de 1 100 personnes. À l’heure actuelle, elle est présente dans 14 pays et appuyée de 1 273 employés, et elle continue de grossir ses rangs, ce qui est un défi à l’ère du travail à domicile.

« Nous embauchons partout », fait remarquer Mme Padvaiskas, en précisant que la COVID‑19 est la neuvième épidémie ou pandémie qui a fait monter en flèche la demande des produits essentiels de l’entreprise.

« Tout le monde comprend les besoins en ce moment; mais personne ne prévoit vraiment la fin de cette situation », explique Mme Padvaiskas. Les autorités sont également plus conscientes de la nécessité d’appliquer au quotidien les protocoles en matière d’EPI, ajoute‑t‑elle. « Nous veillerons à disposer de produits de qualité comme ceux de Medicom pour faire face aux futures hausses subites de la demande ».

« Medicom reste reconnaissante pour l’assistance du SDC », conclut Mme Padvaiskas, en notant que « tout point de contact dans cette pandémie est utile, avec tant de fermetures et de restrictions ».

S’adapter à la COVID‑19 : renseignements du SDC

CanadExport s’est entretenu avec Stéphanie Archambault, une déléguée commerciale chargée des sciences de la vie au bureau régional du Québec et du Nunavut du Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada, et avec Amir Golbang, un délégué commercial chargé des sciences de la vie au Royaume‑Uni, sur les défis et les possibilités que présente la pandémie de COVID‑19, et sur la façon dont le SDC peut aider.

Comment la façon dont vous aidez les entreprises a‑t‑elle changé en raison de la COVID‑19?

Stéphanie Archambault : Même si nous travaillons de la maison depuis le début de la pandémie, nous avons continué à rencontrer virtuellement les entreprises, à les aider dans leurs efforts d’expansion du commerce international et à répondre à leurs besoins émergents.  Le contexte a donné naissance à de nouvelles possibilités de collaboration avec les collègues et partenaires des délégués commerciaux au pays et à l’étranger, et il mènera à une prestation de services encore plus agile et flexible.

Quels sont vos conseils aux entreprises dans le contexte de la COVID‑19?

Stéphanie Archambault : Même lorsque les possibilités de déplacements et de réunions en personne sont limitées, les entreprises peuvent et doivent continuer à nouer des relations avec des clients et des partenaires potentiels et existants. La technologie facilite sans aucun doute de nombreux types de communication et peut même élargir le champ de la collaboration. Gardez les canaux ouverts et actifs, et soyez clair sur ce que vous cherchez à accomplir.

Quelle est l’incidence de la pandémie sur votre secteur?

Amir Golbang : Dans le secteur des sciences de la vie, nous avons été beaucoup occupés, mes collègues du SDC et moi‑même, et ce, partout dans le monde. J’ai pris connaissance et découvert de nouvelles entreprises canadiennes novatrices dont les technologies aident à faire face à la situation actuelle. Il est agréable de savoir que notre travail a potentiellement un effet direct sur la vie des personnes, et nous espérons que ce que nous faisons ici au SDC aidera un peu à lutter contre ce virus.

Stéphanie Archambault : Dans le secteur des dispositifs médicaux et de la santé numérique, la lutte contre cette pandémie a créé de nouvelles occasions d’affaires , en particulier dans le domaine de l’équipement de protection individuelle (EPI), mais aussi pour d’autres produits, comme la télémédecine et la surveillance de la santé à distance.

Avez-vous des conseils ou des suggestions pour les exportateurs canadiens dans votre secteur?

Stéphanie Archambault : Les entreprises canadiennes peuvent et doivent tirer parti de la réputation du Canada en tant que source fiable d’expertise et d’équipements médicaux crédibles et de qualité. Le SDC continue d’aider activement les entreprises comme Medicom qui procurent de l’EPI et d’autres produits et solutions de soins de santé à prendre de l’expansion à l’échelle internationale.

Amir Golbang : Continuez d’être actifs et de communiquer avec le SDC pour obtenir de l’aide. Nous sommes là pour vous aider et vous mettre en contact avec des personnes compétentes, vous fournir des renseignements sur le marché et, nous l’espérons, faire connaître votre technologie au Royaume‑Uni et à d’autres marchés.

Abonnez-vous à : CanadExport

Date de modification: