Bien que Cuba présente d’importants débouchés actuels et futurs, le pays n’est pas un marché adapté aux exportateurs débutants ou aux entreprises à la recherche de ventes rapides.
La société publique d’électricité (UNE) est le seul acheteur d’électricité auprès d’investisseurs étrangers et vend l’électricité à des tarifs fortement subventionnés.
Les entreprises étrangères doivent s’enregistrer en tant que fournisseurs autorisés auprès d’une société publique de commerce extérieur cubaine avant de pouvoir exporter vers Cuba. Ce processus nécessite du temps et la présentation de documents juridiques et comptables. Compte tenu de la crise économique actuelle, le principal défi consiste à obtenir une garantie de paiement.
Du point de vue de la gestion des risques, le marché cubain des énergies renouvelables se divise en quatre segments :
1. Les importateurs publics dépendant de fonds publics
Les ventes dépendent du financement public, qui a été substantiellement réduit au cours des cinq dernières années en raison de la baisse des recettes provenant des exportations de produits et de services.
2. Des sociétés publiques dans des secteurs profitant d’une autonomie relative
Le tourisme fait partie des rares secteurs autorisés à utiliser une partie de leurs revenus en devises fortes pour payer des importations essentielles. Le gouvernement accélère les mesures en faveur d’une dollarisation partielle, ce qui pourrait améliorer la solvabilité des sociétés publiques dans divers secteurs, comme le commerce de gros et de détail, qui sont dominés par Panamericana S.A. et TRD Caribe.
3. Un nombre limité d’entreprises étrangères autorisées à importer et à vendre en gros
Certaines entreprises étrangères ont mis en place des modèles commerciaux dans lesquels les paiements sont effectués à l’étranger, par exemple sur des plateformes en ligne. D’autres ont été autorisées à importer et à vendre en gros localement. Quelques-unes ont établi des entrepôts de douane, ce qui leur permet d’entreposer leurs stocks sur l’île et d’encaisser des paiements au fur et à mesure de la vente de marchandises. Ces modèles peuvent présenter moins de risques lorsqu’ils sont utilisés conjointement à des instruments bancaires appropriés.
4. Les importateurs et grossistes du secteur privé
Depuis 2021, des entreprises privées exercent des activités en tant qu’importateurs et grossistes pour un large éventail de marchandises. Le secteur privé est désormais le plus dynamique de l’économie cubaine. À la fin de 2024, on dénombrait 9 236 microentreprises et petites et moyennes entreprises (MPME) et 5 132 coopératives en activité, par rapport à 2 692 sociétés publiques. En 2025, les importations du secteur privé ont représenté 2 G$ US, soit 25 % de la totalité.
À titre d’exemple, une entreprise privée de la province de Camagüey a installé plus de 200 systèmes photovoltaïques représentant une capacité de stockage de 1,6 MW. Dans la province de Villa Clara, des entreprises privées ont installé une capacité de 4 MW dans le cadre de projets de parcs d’énergie solaire, et ce, en utilisant principalement des équipements solaires canadiens achetés à l’aide d’intermédiaires. Près de 300 familles sont désormais autonomes sur le plan énergétique grâce aux énergies renouvelables, à noter que 80 % des installations sont financées par des proches à l’étranger. La capacité solaire du secteur privé à Villa Clara devrait atteindre 8 MW en 2026.
L’essor des entreprises privées présente de nouveaux débouchés, mais aussi de nouveaux risques. Les entreprises privées ont plus d’autonomie et de flexibilité dans le choix de leurs fournisseurs, mais elles ont tendance à effectuer des achats plus modestes et plus fragmentés, ce qui oblige les exportateurs à traiter avec un nombre beaucoup plus important d’acheteurs.
Les processus de paiement diffèrent également. Les entreprises privées paient généralement à partir de comptes à l’étranger, souvent en partie ou en totalité à l’avance, mais les paiements peuvent passer par des intermédiaires ou des parents à l’étranger, ce qui pose des problèmes de transparence et de conformité. En revanche, les sociétés publiques ont normalement recours aux lettres de crédit, qui sont certes plus sûres, mais qui exigent un financement à long terme (1 à 2 ans).
Le secteur privé ne peut pas importer directement des marchandises. Les entreprises doivent donc passer par des sociétés publiques de commerce extérieur qui agissent, à l’heure actuelle, principalement en tant qu’agents en douane. Bien que l’on compte plus de 2 500 sociétés publiques à Cuba, seules 240 d’entre elles sont autorisées à effectuer des transactions commerciales avec l’étranger. Qui plus est, seules 70 de ces 240 sociétés publiques de commerce extérieur peuvent servir d’intermédiaires pour les importations achetées par le secteur privé.