Le secteur des énergies renouvelables à Cuba

Cuba est le principal partenaire commercial du Canada dans les Caraïbes. En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises entre les deux pays se sont élevés à 910 M$ CA, le Canada exportant pour 278 M$ CA et important pour 632 M$ CA. Malgré la crise économique et les contraintes financières que connaît actuellement Cuba, les exportations totales du Canada se sont fixées en moyenne à 282 M$ CA par année de 2020 à 2024.

La valeur des exportations d’équipements canadiens liés aux énergies renouvelables vers Cuba a atteint un sommet de 650 000 $ CA en 2020, mais a depuis diminué pour s’établir à seulement 48 000 $ CA en 2024. De plus, le Canada a exporté vers Cuba des produits de l’industrie de l’électricité pouvant être utilisés à la fois dans des systèmes d’énergie conventionnelle et les systèmes d’énergie renouvelable, dont la valeur s’est portée à 6 M$ CA en 2024. 

Faits saillants du secteur:

  • En 2024, le Canada a exporté pour 278 M$ CA de marchandises vers Cuba, dont : 
    • 48 000 $ CA d’équipements liés aux énergies renouvelables;
    • 6,36 M$ CA de produits de l’industrie de l’électricité pouvant être utilisés à la fois dans des systèmes d’énergie conventionnelle et d’énergie renouvelable.
  • En 2025, Cuba a installé plus de 1 000 mégawatts (MW) de capacité photovoltaïque.
  • Pour 2026, Cuba prévoit l’installation d’une capacité photovoltaïque supplémentaire de 1 000 MW.
  • Les énergies renouvelables devraient atteindre les proportions suivantes dans la production d’électricité :
    • 24 % d’ici 2030;
    • 40 % d’ici 2035;
    • 100 % d’ici 2050.

Une crise énergétique aiguë accélère la transition vers les énergies renouvelables

Cuba produit actuellement environ 40 % de ses besoins en combustibles et importe les 60 % restants. De 2004 à 2015, la majeure partie de son approvisionnement en combustibles provenait du Venezuela. De 2015 à 2025, les livraisons de pétrole subventionné par le Venezuela ont substantiellement diminué et sont devenues irrégulières, et ne couvraient plus que 30 à 40 % des besoins d’importation de Cuba, ce qui a obligé le pays à acheter des combustibles sur les marchés mondiaux. Cette dépendance à l’égard des combustibles importés conjuguée à l’impact de la pandémie de COVID-19 a plongé Cuba dans sa pire crise économique des 30 dernières années, qui est marquée par des coupures d’électricité généralisées pouvant durer jusqu’à 12 heures par jour à La Havane et jusqu’à 20 heures dans d’autres provinces.

Les graves répercussions de la crise énergétique sur l’économie et la population ont poussé Cuba à accélérer sa transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.

Le secteur des énergies renouvelables est désormais considéré comme un élément clé dans le Plan de développement économique et social de Cuba, qui définit les priorités des dépenses publiques jusqu’en 2030.

En 2025, malgré des contraintes financières croissantes, le gouvernement cubain a lancé un programme d’investissement ambitieux pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables, lequel met fortement l’accent sur les systèmes photovoltaïques solaires. Au total, 51 nouveaux parcs solaires (1 000 MW) ont été intégrés au réseau en 2025, ce qui a multiplié par plus de quatre la capacité de production d’électricité renouvelable du pays en une seule année. En 2026, le gouvernement prévoit d’ajouter 1 000 MW supplémentaires dans de nouveaux parcs d’énergie solaire. 

Les énergies renouvelables représentaient 2 % de la production d’électricité en 2024 et 10 % en 2025. Elles atteindront une proportion de 24 % d’ici 2030, de 40 % d’ici 2035 et de 100 % d’ici 2050.

En janvier 2026, la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et la prise de contrôle de facto des exportations pétrolières du Venezuela par le gouvernement américain ont exacerbé l’urgence de la transition de Cuba vers les énergies renouvelables.

Fabrication nationale sous-développée

Cuba commence à peine à se bâtir une capacité nationale de fabrication d’équipements liés aux énergies renouvelables, notamment des panneaux solaires pour l’électricité et le chauffage de l’eau, des éoliennes, des turbines hydrauliques, des lampadaires solaires et des chaudières pour les petites centrales bioélectriques. Cependant, la production locale consiste principalement à assembler des composants importés.

Le gouvernement vise à intégrer les produits nationaux dans les projets d’énergie renouvelable dans le but de réduire les coûts d’importation et de stimuler l’économie.

Aperçu du marché

Bien que Cuba présente d’importants débouchés actuels et futurs, le pays n’est pas un marché adapté aux exportateurs débutants ou aux entreprises à la recherche de ventes rapides.

La société publique d’électricité (UNE) est le seul acheteur d’électricité auprès d’investisseurs étrangers et vend l’électricité à des tarifs fortement subventionnés.

Les entreprises étrangères doivent s’enregistrer en tant que fournisseurs autorisés auprès d’une société publique de commerce extérieur cubaine avant de pouvoir exporter vers Cuba. Ce processus nécessite du temps et la présentation de documents juridiques et comptables. Compte tenu de la crise économique actuelle, le principal défi consiste à obtenir une garantie de paiement.

Du point de vue de la gestion des risques, le marché cubain des énergies renouvelables se divise en quatre segments :

1. Les importateurs publics dépendant de fonds publics

Les ventes dépendent du financement public, qui a été substantiellement réduit au cours des cinq dernières années en raison de la baisse des recettes provenant des exportations de produits et de services.

2. Des sociétés publiques dans des secteurs profitant d’une autonomie relative

Le tourisme fait partie des rares secteurs autorisés à utiliser une partie de leurs revenus en devises fortes pour payer des importations essentielles. Le gouvernement accélère les mesures en faveur d’une dollarisation partielle, ce qui pourrait améliorer la solvabilité des sociétés publiques dans divers secteurs, comme le commerce de gros et de détail, qui sont dominés par Panamericana S.A. et TRD Caribe.

3. Un nombre limité d’entreprises étrangères autorisées à importer et à vendre en gros

Certaines entreprises étrangères ont mis en place des modèles commerciaux dans lesquels les paiements sont effectués à l’étranger, par exemple sur des plateformes en ligne. D’autres ont été autorisées à importer et à vendre en gros localement. Quelques-unes ont établi des entrepôts de douane, ce qui leur permet d’entreposer leurs stocks sur l’île et d’encaisser des paiements au fur et à mesure de la vente de marchandises. Ces modèles peuvent présenter moins de risques lorsqu’ils sont utilisés conjointement à des instruments bancaires appropriés.

4. Les importateurs et grossistes du secteur privé

Depuis 2021, des entreprises privées exercent des activités en tant qu’importateurs et grossistes pour un large éventail de marchandises. Le secteur privé est désormais le plus dynamique de l’économie cubaine. À la fin de 2024, on dénombrait 9 236 microentreprises et petites et moyennes entreprises (MPME) et 5 132 coopératives en activité, par rapport à 2 692 sociétés publiques. En 2025, les importations du secteur privé ont représenté 2 G$ US, soit 25 % de la totalité. 

À titre d’exemple, une entreprise privée de la province de Camagüey a installé plus de 200 systèmes photovoltaïques représentant une capacité de stockage de 1,6 MW. Dans la province de Villa Clara, des entreprises privées ont installé une capacité de 4 MW dans le cadre de projets de parcs d’énergie solaire, et ce, en utilisant principalement des équipements solaires canadiens achetés à l’aide d’intermédiaires. Près de 300 familles sont désormais autonomes sur le plan énergétique grâce aux énergies renouvelables, à noter que 80 % des installations sont financées par des proches à l’étranger. La capacité solaire du secteur privé à Villa Clara devrait atteindre 8 MW en 2026.

L’essor des entreprises privées présente de nouveaux débouchés, mais aussi de nouveaux risques. Les entreprises privées ont plus d’autonomie et de flexibilité dans le choix de leurs fournisseurs, mais elles ont tendance à effectuer des achats plus modestes et plus fragmentés, ce qui oblige les exportateurs à traiter avec un nombre beaucoup plus important d’acheteurs.

Les processus de paiement diffèrent également. Les entreprises privées paient généralement à partir de comptes à l’étranger, souvent en partie ou en totalité à l’avance, mais les paiements peuvent passer par des intermédiaires ou des parents à l’étranger, ce qui pose des problèmes de transparence et de conformité. En revanche, les sociétés publiques ont normalement recours aux lettres de crédit, qui sont certes plus sûres, mais qui exigent un financement à long terme (1 à 2 ans).

Le secteur privé ne peut pas importer directement des marchandises. Les entreprises doivent donc passer par des sociétés publiques de commerce extérieur qui agissent, à l’heure actuelle, principalement en tant qu’agents en douane. Bien que l’on compte plus de 2 500 sociétés publiques à Cuba, seules 240 d’entre elles sont autorisées à effectuer des transactions commerciales avec l’étranger. Qui plus est, seules 70 de ces 240 sociétés publiques de commerce extérieur peuvent servir d’intermédiaires pour les importations achetées par le secteur privé.

Investissements dans la fabrication locale

Les énergies renouvelables font partie des principales priorités du gouvernement cubain pour attirer les investissements étrangers. Cuba autorise désormais la propriété étrangère à 100 % des parcs éoliens et solaires. Les entreprises entièrement détenues par des intérêts étrangers réalisant des projets d’énergie propre sont exonérées de l’impôt sur les bénéfices pendant huit ans et profitent d’un taux réduit (20 %) par la suite. Elles sont également exonérées des droits de douane sur les équipements et les matériaux pendant la phase de construction.

Deux entreprises canadiennes mènent actuellement des activités dans le secteur des énergies renouvelables. L’une d’elles a conclu un contrat de construction, de possession et d’exploitation avec la société publique d’électricité cubaine pour construire et gérer un parc d’énergie solaire de 100 MW et un système de stockage par batteries de 50 MW. L’autre participe à la modernisation des générateurs de vapeur à biomasse exploités par le secteur du sucre cubain. 

Possibilités pour les entreprises canadiennes du secteur des énergies renouvelables à Cuba

Les sources d’énergie renouvelable à fort potentiel comprennent l’énergie solaire, l’énergie éolienne et la biomasse (bagasse, agriculture et foresterie). Le gouvernement cubain a donné la priorité à l’énergie solaire, car il estime qu’elle peut être mise à l’échelle le plus rapidement.

Compte tenu des contraintes économiques et de la forte concurrence à Cuba, les entreprises canadiennes ont principalement accès à des possibilités à moyen et long terme. À court terme, la plupart des équipements nécessaires pour atteindre les 1 000 MW installés en 2025 et les 1 000 MW prévus pour 2026 proviendront de Chine; cela dit, le pays présente tout de même des occasions d’affaires dans certains créneaux, en particulier dans les secteurs du tourisme et du privé.

En 2024, le gouvernement a décrété que d’ici 2028, tous les grands consommateurs d’énergie — publics, privés et étrangers — devront s’approvisionner à hauteur d’au moins 50 % en électricité renouvelable pendant la journée ou aux heures de pointe, et ce, tant pour les installations existantes que pour les nouveaux investissements (décret 110/2024). Le gouvernement a également mis en place d’importants incitatifs douaniers et fiscaux favorisant les investissements dans les énergies renouvelables (résolution no 169/2025; résolution no 223/2021).

Environnement concurrentiel

Bien que Cuba présente des débouchés, les entreprises canadiennes ont besoin d’expérience et d’envergure pour être compétitives. Le Canada doit rivaliser avec la forte concurrence des pays suivants : 

  • Chine;
  • Vietnam;
  • Espagne;
  • Allemagne;
  • Royaume-Uni;
  • Inde;
  • France.

Les États-Unis demeurent largement absents du marché en raison de leur embargo de longue date.

La Chine est de loin le principal acteur et fournisseur participant aux grands programmes d’expansion à énergie solaire de Cuba en 2025 et 2026, qu’elle soutient vraisemblablement en offrant des prêts à conditions préférentielles et des dons d’équipements (120 MW en 2025).

En décembre 2025, Haier a ouvert un magasin de vente au détail d’équipements d’énergies renouvelables à La Havane. Par ailleurs, la Chine a annoncé en janvier 2026 un don d’urgence supplémentaire de 80 M$ US pour l’achat d’équipements liés à l’électricité.

Contactez-nous

For more information on renewable energy in Cuba, contact: HAVANTD@international.gc.ca

Additional Information

Date de modification :

Bonjour! Je m'appelle Eva. Sélectionnez l'icône pour démarrer une discussion.