La Suède est devenue membre de l’Union européenne en 1995. Depuis, le pays s’est fixé comme objectif d’atteindre zéro émission nette d’ici 2045, soit 5 ans avant l’objectif commun de l’Union européenne. En Suède, les principaux secteurs qui émettent des gaz à effet de serre sont les secteurs industriel et des transports. La transition énergétique nécessitera une électrification plus rapide de ces deux secteurs, y compris pour la production d’hydrogène vert destiné à un usage industriel.
En Suède, la consommation d’électricité est en moyenne de 140 TWh et représente 34 % de la consommation totale d’énergie. Pour répondre à la demande croissante des secteurs industriel et des transports, on prévoit que la production d’électricité devra doubler d’ici 2045. Jusqu’à maintenant, la production s’est accrue dans les secteurs de l’énergie éolienne et de l’énergie solaire. Cette augmentation de la production est également prévue dans le secteur de l’énergie nucléaire. Les réseaux devront prendre de l’expansion, de manière similaire, pour faciliter l’augmentation de l’offre et de la demande d’électricité.
Le marché de la production d’électricité de la Suède est déréglementé depuis 1996, et l’électricité est négociée à la Bourse Nord Pool. Cependant, les grands consommateurs d’électricité concluent généralement des contrats bilatéraux directement avec les producteurs d’électricité. La Suède compte environ 140 fournisseurs d’électricité. Les producteurs d’électricité de la Suède sont :
- Vattenfall (41 %);
- Uniper (16 %);
- Fortum (14 %);
- les services publics de l’électricité appartenant à des municipalités (13 %);
- Statkraft (6 %);
- d’autres intervenants de l’industrie ou privés (10 %).
La production annuelle d’électricité d’environ 163 TWh en 2023 se divisait comme suit :
- hydroélectricité (40 %);
- nucléaire (29 %);
- éolien (21 %);
- énergie d’origine biologique (8 %);
- solaire (2 %).
Une part minime (0,3 %) provenait des combustibles fossiles. Près de 30 TWh de l’électricité produite en 2023 ont été exportés.
Les investissements dans les sources renouvelables devraient continuer d’augmenter au cours des prochaines années, ce qui va se traduire par :
- éolienne côtière, de 34 TWh en 2023 à 76 TWh en 2029;
- éolienne terrestre avec 10 TWh d’ici 2029;
- énergie solaire, de 3 TWh en 2023 à 9 TWh en 2027.
Le gouvernement suédois met à jour ses politiques pour stimuler les investissements dans l’énergie nucléaire. La Suède aimerait que l’équivalent de deux grands réacteurs (2 500 mégawatts) soit construit d’ici 2035, avec une nouvelle extension d’ici 2045. Une expansion de la production d’hydroélectricité est limitée par la législation qui empêche d'exploiter davantage les rivières. Le secteur de la bioénergie est déjà bien établi. La biomasse et les déchets sont utilisés comme principale matière première dans les centrales de production combinée de chaleur et d’électricité (PCCE) qui se connectent au réseau électrique et aux réseaux de chauffage collectif. Le chauffage collectif représente plus de la moitié (59 %) du secteur du chauffage de la Suède. Le reste de la chaleur est produit par :
- l’électricité (28 %);
- les combustibles de biomasse (12 %);
- le pétrole et le gaz (1 %).
Au total, 1,73 million de thermopompes ont été installées et utilisées en Suède en 2023. La plupart étaient dans des résidences pour aider à réduire les coûts d’électricité.
En Suède, la distribution de l’électricité est fixée et réglementée par la Swedish Energy Markets Inspectorate (autorité suédoise des marchés de l’énergie). Le Réseau national de l’énergie suédois (Svenska Kraftnät) est l’exploitant du réseau de transport d’électricité appartenant à l’État et le propriétaire du réseau principal de transport à haute tension (400 kV et 220 kV). L’exploitant du réseau de transport d’électricité est également responsable de l’équilibrage de la fréquence sur le réseau à 50 Hz. Les réseaux de distribution régionaux sont détenus à 97,7 % par les trois entreprises suivantes :
- Vattenfall Eldistribution AB;
- E.ON Energidistribution AB;
- Ellevio AB.
Un total d’environ 160 entreprises publiques et privées ESD possèdent et exploitent les réseaux locaux. La longueur totale du réseau d’électricité de la Suède (principal, régional et local) est de 596 000 km, dont 444 000 km se trouve sous la terre. Le système d’électricité suédois fait partie du système d’électricité européen intégré, qui fonctionne au moyen de lignes de transport à haute tension avec les pays nordiques voisins suivants : la Norvège, la Finlande, le Danemark; ainsi que la Lituanie, la Pologne et l’Allemagne.
Une plus grande souplesse est nécessaire à l’expansion des sources intermittentes dans le système d’électricité suédois et à une utilisation plus efficace des réseaux. Les installations de stockage d’énergie avec batteries prennent rapidement de l'expansion dans tous les secteurs, notamment :
- résidences;
- immeubles;
- parcs industriels et parcs de batteries à grande échelle.
Les parcs de batteries et d’autres sources fournissent des services auxiliaires à Swedish National Grid, qui s’approvisionne dans trois marchés différents :
- réserve de fréquence rapide;
- réserve de confinement de fréquence;
- réserve de restauration de fréquence.
À l’avenir, ces marchés devraient continuer à se développer pour permettre l’intégration de solutions techniques et dynamiques avancées. En 2025, le commerce de l’électricité se fera selon une tarification trimestrielle plutôt qu’une tarification horaire. Les exploitants de service désignés (ESD) sont tenus d’intégrer à leurs droits de douane une composante relative à la demande d’électricité au plus tard le 1er janvier 2027. Cela permettra une plus grande souplesse dans l’utilisation de l’électricité par les consommateurs résidentiels. Cette composante est également censée équilibrer les charges d’alimentation.
En raison de la demande accrue en matière d’électrification, l’adoption d’un système électrique différent de celui qui existe actuellement en Suède sera nécessaire. Il faudra mettre davantage l’accent sur la souplesse, la résilience et la robustesse. De nombreux éléments gagneront en importance, tels que :
- le stockage d’énergie;
- la souplesse du côté de la demande;
- l’efficacité énergétique;
- l’utilisation efficace des ressources;
- les infrastructures énergétiques.