Plusieurs capacités canadiennes correspondent aux domaines où la demande est forte, comme les activités liées aux efforts de survie, de relance et de modernisation, en particulier là où les marchés d’approvisionnement d’organismes donateurs, d’institutions financières internationales (IFI) et de gouvernements sont importants.
Résilience énergétique et reconstruction : Les dommages causés aux installations centralisées de production d’énergie thermique et d’hydroélectricité ont renforcé l’intérêt pour des systèmes énergétiques plus décentralisés et plus résilients. Le rapport RDNA5 fait état de besoins de relance d’environ 24,5 milliards de dollars américains (environ 33,5 milliards de dollars canadiens) en bioénergie et de 10,5 milliards de dollars américains (environ 14,3 milliards de dollars canadiens) en modernisation du réseau électrique. Les entreprises canadiennes peuvent disposer de capacités pertinentes dans des domaines tels que la production décentralisée, la modernisation des réseaux et les technologies de réseaux intelligents, le stockage industriel par batterie, les petits réacteurs modulaires (PRM) et la cybersécurité des infrastructures de services publics essentielles.
Infrastructures et logistique : Le maintien des corridors commerciaux terrestres et des chaînes d’approvisionnement nationales implique la réparation et la modernisation des actifs suivants :
- des ponts;
- des installations ferroviaires;
- des entrepôts;
- des infrastructures aux points de passage frontaliers.
De nombreux projets dans ces domaines sont soutenus par des donateurs et des IFI, et leur avancement peut être suivi sur des plateformes telles que DREAM.
Logement et services municipaux : Les programmes d’investissement municipaux sont nombreux à inclure :
- le traitement de l’eau;
- la gestion des eaux usées;
- les services de gestion des déchets solides;
- la modernisation des réseaux de chauffage centralisés.
Défense et fabrication de technologies à double usage : Le secteur des technologies de défense de l’Ukraine, notamment les systèmes aériens sans pilote (UAS) et les véhicules terrestres robotisés, s’est développé rapidement pendant la guerre. En février 2026, le président Zelenskyy a déclaré que l’Ukraine avait l’intention d’ouvrir jusqu’à dix centres d’exportation d’armes à travers l’Europe d’ici la fin de l’année 2026 en vue de générer des revenus à partir de ses capacités de production excédentaires. Pour les entreprises canadiennes, la collaboration peut prendre la forme de coentreprises, de production sous licence ou de transfert de technologie; il convient toutefois de noter que les activités dans ce domaine sont fortement réglementées.
Les entreprises doivent comprendre que les activités dans les domaines de la défense et des technologies à double usage nécessitent une gouvernance renforcée, notamment en matière de contrôles à l’exportation canadiens, de vérification des sanctions et d’autorisations sectorielles propres à l’Ukraine. Lorsque des logiciels, des données ou des composants numériques sont en jeu, les dispositions relatives au commerce numérique de l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine (ALECU) peuvent faciliter les activités transfrontalières et la protection de la propriété intellectuelle (PI), mais elles ne remplacent pas les exigences en matière de contrôle des exportations ou des sanctions.
Technologies gouvernementales et le numérique : Le virage numérique qui s’opère actuellement dans les services publics et les marchés publics en Ukraine peut créer des débouchés pour les entreprises canadiennes du secteur des technologies de l’information, notamment dans l’analyse des marchés publics, les outils de transparence et la cyberdéfense. Les engagements en matière de commerce numérique de l’ALECU peuvent renforcer les conditions de base de la prestation transfrontalière (p. ex., les transferts de données et la protection de la PI dans les services numériques), mais les entreprises doivent tout de même vérifier les règles sectorielles et les exigences des appels d’offres.